Historique

Au début des années 1990, un groupe de jeunes de la ville de Rivière-du-Loup revendiquait auprès des autorités municipales l’aménagement d’un skatepark plus structuré et mieux aménagé que celui qu’il y avait au centre-ville dans le secteur de la maison des jeunes.

Bien que des discussions furent entreprises entre les deux parties, aucune réalisation concrète ne découla de ces dernières et les actions promises ne virent jamais le jour. Les jeunes, n’ayant aucune organisation structurée, ne faisaient pas le poids devant la municipalité et n’avaient pas le pouvoir politique ni administratif pour gérer ce sport qui, pour plusieurs, était pour des jeunes n’ayant pas la cote sociale. Le « skate » était vu par certains comme un regroupement de jeunes un peu en marge de la société.

Finalement en 2003 un autre groupe, mieux organisé et mieux encadré, a créé l’organisme qui allait devenir Zone 625. Ce groupe, dont certains faisaient partie de celui des années 90, avait toujours le désir de voir un « skatepark » à la hauteur de leurs aspirations et se donnait comme mandat de bien planifier leurs actions afin de sensibiliser le milieu non seulement sur le sport mais également sur la portée sociale de leurs actions.

De nombreuses rencontres ont eu lieu pour en arriver, plusieurs semaines plus tard, à un nouveau projet : un « skatepark » mais intérieur. L’ampleur de la démarche était supérieure et importante mais l’organisation, formée de neuf dirigeants avait enfin des appuis tangibles, tant au niveau financier qu’au niveau de ses dirigeants. Assurés de la pertinence de leur projet, de nouvelles démarches furent entreprises.

L’accueil au niveau des entreprises privées fut encourageant et le soutien des organismes de financement fut également emballant. Pour ce qui est de la municipalité, le développement du projet fut un peu plus long, mais le résultat fut tout aussi positif. Le « skatepark » intérieur deviendrait bientôt réalité.

Pour ce qui est de la localisation, une offre d’Ékymoz (tagball) de sous-location d’une partie de son local du 625 rue Lafontaine devenait une opportunité incontournable en fonction des ressources financières du moment et des espaces adéquats et disponibles à Rivière-du-Loup. Ce partage d’espace devenait une formule gagnante pour les deux organismes. Le tout fut attaché rapidement ; Zone 625 fut créé.

Les plans des rampes du skatepark furent créés en fonction du local et le financement complété tenant compte des coûts des dites rampes puis lorsque le tout fut bien ficelé, une entreprise spécialisée fut engagée pour concrétiser le projet. La préparation sommaire du local fut entreprise par le groupe de Zone 625 et par la suite, la construction dura près d’une semaine.

C’est à partir de ce moment que le défi devait commencer. Les dirigeants devaient maintenant s’attaquer à la partie difficile, soit celle de gérer comme de bons administrateurs une entreprise devant s’assurer la pérennité de ses droits et obligations envers ses tiers.

Un relâchement s’est rapidement fait sentir de la part de certains qui semblaient penser que le tout était terminé et que la suite se ferait sans investissement de temps et d’énergie. Certains ont tout simplement quitté le bureau de direction et d’autres sont tout simplement partis de Rivière-du-Loup. Tout cela laissait un petit groupe de dirigeants restreints dont quelques-uns qui ne comprenaient pas le défi qui était devant eux, même s’il lui était expliqué :

« Vous avez maintenant un skatepark intérieur qui fonctionne ; mais, il faut aussi le faire vivre ! »

Le temps des subventions allait tirer à sa fin, il fallait penser à un mode de financement à long terme afin de combler les coûts d’opération qui ne pouvaient être comblé que par les membres. Ayant pu observer le fonctionnement d’ « Ekymoz », centre de « tagball », et ayant bien considéré la source de revenus potentiels, le projet d’acquisition de son matériel et la location de ses espaces devenait très intéressant.

Les administrateurs de Zone 625 ont alors fait l’étude de marché et toutes les réponses étaient positives au niveau du retour des amateurs de ce sport et de la participation aux travaux de réaménagement. Le conseil décida d’aller de l’avant dans ce nouveau défi. Les négociations avec le propriétaire d’ « Ékymoz » s’enclenchèrent mais furent ardues et longues. Finalement, le transfert des équipements pu se faire après de longues semaines de ¨pourparlers¨.

Encore une fois, Zone 625 devrait alors compter sur la participation de tous ses partenaires et participants tant du côté skate que celui du tagball. Une constance est revenue à la surface du fait qu’une fois le projet en marche, bien des promesses ne fut pas tenu et les revenus escomptés pour faire tourner les deux entreprises n’étaient pas au rendez-vous.

Les administrateurs ont tenu à bout de bras le fort mais après plusieurs semaines, il fallait bien se rendre à l’évidence et constater que les troubles financiers ne pourrait être réglés sans les adeptes du tagball. De multiples réunions ont eu lieu, des paroles furent échangées et des engagements (qui ne seront pas tenus) ont été promis.

Finalement, le conseil n’a pas eu le choix de liquider avant de voir toutes les portes se fermer devant eux. Il fallait annoncer et négocier avec les créanciers la fermeture de ce projet jeunesse. Heureusement, ces derniers ont encore été bien complaisant et collaborateur (avaient-ils le choix ?).

La liquidation des actifs a dû se faire comme son acquisition en deux temps (Tagball et skatepark). L’équipement de tagball a été vendu à une autre entreprise similaire. Heureusement pour les adeptes de skate, le club Optimiste de Saint-Épiphane avait un projet de skatepark extérieur et nos structures devenaient une aubaine pour eux. Les négociations furent donc positives pour les deux parties qui se sont entendues rapidement.

S’il faut en tirer certaines leçons, il est certain que ce projet grandiose pour la jeunesse a eu droit à sa chance, mais que ceux qui pouvaient en bénéficier n’ont pas su l’a saisir. Il faut croire qu’avant de voir ce représenter ce type d’infrastructures, bien de l’eau coulera sous les ponts. FIN.

André Brisebois

Éric Gagnon

François Gamache

Gaston Pelletier

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